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 Mieux encadrer les effets néfastes de la buprénorphine

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MessageSujet: Mieux encadrer les effets néfastes de la buprénorphine    Mer 19 Déc - 22:00

Cette étude proposée par le Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR) du 13 décembre des Centers for Disease and Control américains, bien qu’à l’échelle de l’Utah montre sans remettre en cause l’efficacité de la buprénorphine pour le traitement de la dépendance aux opiacés, qu’avec l’augmentation de son utilisation, les expositions intentionnelles et non intentionnelles, thérapeutiques et non thérapeutiques ont causé des effets défavorables et, dans un petit nombre de cas, la mort. Conclusion, la nécessité de mettre en place des mesures tant au niveau de l’utilisation, l'entreposage et de l'élimination de la buprénorphine pour en prévenir les effets néfastes.

L’étude a analysé les pratiques de prescription de buprénorphine et les expositions déclarées à un centre anti-poison de l’Utah de 2002-2011. Son utilisation a en effet augmenté aux États-Unis à la suite de la loi sur le traitement des toxicomanies de 2000, ce qui a permis aux médecins de la prescrire en traitement de la dépendance aux opioïdes. La buprénorphine a ainsi été approuvée par la Food and Drug Administration en 2002 pour le traitement (seul ou en combinaison avec la naloxone) de la dépendance aux opiacés. En France, l'utilisation généralisée des médicaments de substitution, dont la buprénorphine, a été associée à une diminution de 80% des décès par overdose d’héroïne ou de cocaïne en 2003*.

Mais avec l'utilisation accrue de la buprénorphine, une augmentation de l'exposition avec effets néfastes chez les enfants et les adultes a été signalée aux États-Unis. Ces expositions sont responsables d’effets indésirables et de quelques décès. Ces chercheurs de l’Université de l’Utah ont donc analysé les données provenant des bases Utah Controlled Substance Database (CSD) et Utah Poison Control Center (PCC).

L’analyse montre,


· une augmentation du nombre annuel de patients traités par buprénorphine de l’ordre de 1 à 100,

· une augmentation concomitante du nombre annuel de prescripteurs de buprénorphine,

· le nombre d'incidents liés à exposition à la buprénorphine signalés chaque année au Centre anti-poisons a été multiplié par 12 (de 6 à 81) mais avec des taux de risque qui diminuent en fonction du nombre de patients traités et de prescriptions.

· Sur 462 rapports d’accidents déclarés de 2002-2011, dans l'Utah, 3 cas, un adolescent et 2 adultes, sont associés à un décès
.



L’analyse ne remet en aucun cas en question cet accès élargi au traitement de la dépendance aux opiacés mais suggère la mise en place de nouvelles mesures de sécurité d'utilisation, de stockage et d'élimination de la buprénorphine. Si l'efficacité de la buprénorphine dans le traitement de la dépendance aux opiacés a largement été démontrée (cf visuel ci-contre), rappellent les auteurs, la buprénorphine entraîne des effets indésirables connus comme l’euphorie, la dépression respiratoire, des atteintes hépatiques, des candidoses et parfois des problèmes d’atteinte vasculaire, des effets dose-dépendants, jusqu’à l’atteinte d’un plateau à partir duquel ils n’augmentent plus. Cet effet plafond peut laisser croire dangereusement que la buprénorphine présente peu de risques d’effets nocifs… Cependant, l’analyse montre ici que,

· les effets cliniques les plus fréquents observés chez les enfants âgés de moins de 5 ans sont la somnolence dans 59% des cas, les vomissements (26%), la dépression respiratoire (19%), la myosis (diminution du diamètre de la pupille) (15%), l'agitation (10%) et la tachycardie (8%). L'arrêt respiratoire a été signalé chez 3 enfants (1,7%).

· Chez l’adulte, les effets indésirables les plus courants sont la somnolence (29%), les vomissements (21%), l'agitation (21%), les nausées (20%), la confusion (11%), les étourdissements (11%), la diaphorèse (hypersudation) (8%), la tachycardie (7%), la dépression respiratoire (6%), l'ataxie (5%) et la diarrhée (5%). L'arrêt respiratoire a été signalé chez 2 adultes (0,8%). Chez l’adulte, 13% des expositions à effets indésirables n’étaient pas intentionnelles.


MMWR December 14, 2012 / 61(49);997-1001 Buprenorphine Prescribing Practices and Exposures Reported to a Poison Center — Utah, 2002–2011

*Addiction 2005 DOI: 10.1111/j.1360-0443.2005.01271 Harm reduction interventions, behaviours and associated health outcomes in France, 1996–2003. ,santélog
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